Le blog de Gauhar...

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Saison 11

Consultante pour Terre des Hommes, printemps 2015

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samedi 20 juin 2015

Istanbul du soir au matin

Port d'Üsküdar
Chaque escale à Istanbul offre ses perspectives, cette fois-ci c'est la rive asiatique qui dévoile ses beautés à l'occasion d'une balade sur le front de mer ou de la recherche d'un restaurant dans les ruelles d'Üsküdar.
Etal du maraîcher d'Üsküdar

Au petit matin, on devine dans la brume les silhouettes historiques de la vieille ville, de l'autre côté du Bosphore.
Skyline d'Istanbul

jeudi 18 juin 2015

Fin de journée, fin de période

Première soirée du ramadan
Première soirée de Ramadan, dernière soirée à Kaboul pour la saison. Ma journée passée en rangements et à la diète (parce que mon estomac est barbouillé d'une omelette douteuse il y a deux jours) se termine fenêtres grandes ouvertes, à écouter la litanie de l'appel à la rupture du jeûne dans la douceur du crépuscule.

Je n'ai pas envie de partir. Mais il y a des choses que l'on ne choisit pas.

Un petit tour au sud et puis s'en va !

Préparation du pique-nique
En ces temps-là, on partait en expédition quelques jours aux fins-fonds du Logar en n'emportant que de quoi faire un pique-nique sur la route.

Pour le reste, on s'en remettait à la bienveillance des habitants,
Femmes à l'oeuvre à Ludin
suppléée au besoin par la beauté des paysages.
Vallée d'Azra

Mais notre émerveillement arrivait à peine à la hauteur de la curiosité des enfants !
Enfants de Baraki Barak

mardi 16 juin 2015

Revoir le Pandjchir...?

Accueil au Pandjchir
Un baba fièrement calé devant son champ...

Dispositif d'irrigation à l'entrée du Pandjchir
Une rivière impétueuse qui fait vivre des centaines d'hectares de culture...

Traversée du Pandjchir sur pont de singe Des habitants intrépides qui dominent leur sujet ;)

Sur le chemin de l'école en Pandjchir
Et des gamines enthousiastes sur le chemin de l'école !

lundi 15 juin 2015

Escarpolette ?

On se balance...
Un coup d’œil en face pour découvrir deux filles joyeusement grimpées sur l'échelle de bambou qui leur permet d'accéder au toit... et balançant en cadence pour s'amuser :) C'est-y pas mignon ?

Continuons quand même dans la nostalgie, avec une échappée vers le nord.
Vers le nord

Dès qu'on atteint la plaine de Chamali (qui tient son nom de sa position au nord de Kaboul), la première étape pourrait être la vallée d'Istalif...
Sur la route d'Istalif
...dont les poteries renommées sont à disposition des chalands tout au long de la grand-route. Poteries d'Istalif au détail

On doutera aujourd'hui que la clientèle soit nombreuse.

dimanche 14 juin 2015

Débourrage

On rénove les matelas...
Occupée que j'étais à préparer un billet de vieilles photos, j'ai failli négliger les bruits sourds que j'entendais chez les voisins. Ça tapait, ça battait, ça cognait... le terme qui vous plaira, mais ça traitait durement une série de matelas dans la perspective de les rendre plus confortables à leurs usagers ;) En Afghanistan, c'est un métier à part entière. On voit se promener en ville de curieux instruments, hybrides monumentaux de la harpe et de l'arc, dont les propriétaires vendent les services de porte en porte, à la journée. Je n'ai pas la moindre idée de comment on appelle ça en persan. En français, est-ce du cardage ? Ici, il s'agit d'ouvrir le matelas, d'en sortir tout son coton pour l'occasion, puis de le réintégrer à sa toile que l'on recoud.

Déjà il y a quelques semaines je les avais aperçus du haut de mon perchoir, trop tard. Cette fois-ci, je n'ai pas eu la chance de voir à l’œuvre les mystérieux instruments, juste la séance de battage consécutive à la refermeture du matelas. Mais du coup, je me suis postée en embuscade pour avoir une chance de vous les montrer. Voici donc la paire de cardeurs (?) avec leurs instruments bien calés sur leurs vélos, à la sortie de chez leur cliente ! :)
Deux cardeurs après ouvrage

samedi 13 juin 2015

Quartiers de Kaboul

Toujours sorties de ma collection 2005, voici encore quelques vues de Kaboul et ses environs...Sher Darwaza vue de Qolola Pushta
Ici, en passant la crête de la colline de Qolula Pushta durant ma visite des bureaux de vote en 2005, j'ai aperçu la porte du Lion - Sher Darwaza - comme on n'a pas l'habitude de la voir du centre de la ville, cachée qu'elle est derrière la montagne de la télévision
Pour monter à la montagne de la télévision

Autre lieu tout proche qui semble maintenant inatteignable sous la bâche serrée des contraintes sécuritaires, le lac de Qargha...
Pavillon royal sur le lac de Qargha

et son club de golf !
Entrée du golf de Qargha

vendredi 12 juin 2015

Transports

Ligne Darulaman/Kaboul, 1917
Qui a connu le train en Afghanistan ? La ligne de tramway voulue par l'émir Amanullah reliait son tout nouveau palais de Darulaman et le centre de Kaboul, sept kilomètres plus au nord. C'était un produit de l'industrie allemande, que les ingénieurs afghans ont fièrement inauguré par bel été, avant que les voies ne fussent emportées par la saison humide qui suivit. A la chute d'Amanullah, les rames furent entreposées dans le jardin du musée, où elles sont encore.
Locomotive à vapeur au musée

Cet essai a symbolisé l'impossibilité de l'Afghanistan à s'ouvrir aux transports ferroviaires. C'est que chacune de ses frontières est dotée d'une infrastructure aux normes différentes de celle de toutes les autres. Pour devenir une zone de transit, les Afghans devraient mettre en place des outils de compatibilité qui n'existent pas ailleurs. Les travaux internationaux lancés en 2010 ont choisi l'écartement standard de 1,435 mètre, que la Chine est seule à utiliser parmi les voisins. C'est l'archétype d'une zone de marge, de fracture, d'un état-tampon.

Alors, entretemps, ce sont les camions qui transportent. De toutes les couleurs...
Camion de Kaboul

En tous lieux, avec tous types de chargements...
Chargement de bois dans le Logar

Les chauffeurs sont fiers de leurs décorations...
Camionneur et son camion

...et partageant les aléas de la vie nomade.
Casse-croûte après livraison

Mais dix ans plus tard, les vieux camions ont disparu, pour être remplacés par des monstres modernes.

jeudi 11 juin 2015

Kaboul, printemps 2005

Zoo de Kaboul
Je serais bien en peine de vous donner des nouvelles du zoo ces jours-ci. La ville a perdu sa belle humeur, ses habitants retombent progressivement dans la déchéance ou la déréliction. La bulle de l'aide internationale s'est dégonflée, et elle a servi les seuls intérêts des donateurs, trop intéressés à piller les ressources inexploitées du pays et indifférents aux difficultés de la population.

Rue des potiers, ShahrAgha Moi-même, en dépit de ma détermination, je me laisse grignoter par le rabâchage sécuritaire, et n'ose plus circuler dans ces lieux où régnaient l'optimisme des premières années, comme la rue des potiers du quartier Shahr-Agha. Beaucoup de mes amis afghans qui se réjouissaient de faire les honneurs de leur pays il y dix ans sont maintenant repartis vers des destinations plus stables. Et ceux qui restent n'osent plus se montrer avec des étrangers, par crainte de la vindicte des insurgés. Ici même, sur ce blog, il m'a été enjoint de retirer toute photo qui permettrait d'identifier des personnes avec qui j'ai travaillé...!

Quartier populaire de Kaboul
Il y avait bien sûr de grandes interrogations à l'époque. Pour moi, cette photo à la volée au cour d'un déplacement vers le sud de la ville est une énigme. Je ne l'avais pas publiée alors parce que je ne savais pas quoi en penser. Il fait très chaud. Ces fillettes sont à l'ombre devant une porte ouverte au coin d'une ruelle, à l'entrée d'un chantier. Elles regardent fixement les voitures qui passent, avec l'intensité qui marque tellement un étranger. Que font-elles là ?

mercredi 10 juin 2015

Retour en saison 1 (et avant...)

C'est au bonheur d'une opération de ménage sur mon disque dur que je suis retombée sur mes photos de saison Une et Deux, que je croyais avoir perdues. Non pas les vignettes qui illustrent cette première mouture de carnet de voyage, mais bien leurs originaux, ainsi que toutes les autres que j'avais prises à l'époque et gardées en réserve. En les revoyant me sont revenus autant de souvenirs, et donc l'idée de vous faire partager ce saut de dix ans en arrière.

Et tant qu'à voyager dans le temps, autant commencer par le commencement, avec la photo ci-dessus prise à Gardez en février 1978. Je ne pourrais pas vous dire exactement la date, mais c'était à l'occasion d'un saut de puce en bus depuis Islamabad avec deux amis. C'était deux mois avant la révolution de Saur. Et ce fut, presque trente ans plus tard en 2005, l'illustration de couverture de mon premier ouvrage sur l'Afghanistan.

Mausolée Shah-e Do-Shamshira sur la rivière Kaboul
Bien sûr, la qualité de mon appareil de l'époque laissait à désirer, mais le sujet n'en reste pas moins d'actualité : dans le vieux bazar de Kaboul, au bord de la rivière, se tient l'un des plus connus monuments de la ville, le mausolée Shah-é Do Shamshira, dont on aperçoit de loin la coupole vernissée de turquoise et flanquée de minarets. C'est dans son jardin qu'a eu lieu en février dernier un drame qui a secoué les Afghans : une jeune femme, Farkhonda, y a été lynchée par une foule délirante levée contre elle par un trafiquant d'amulette qui n'acceptait pas qu'elle lui reproche d'encourager la superstition. Cette tragédie est significative du niveau de stress de la population soumise à des pressions de tous les côtés.

Joyeuse rencontre de rue
En 2005, l'esprit général de la population était beaucoup plus optimiste, et les étrangères étaient saluées dans la rue avec enthousiasme ! Alors, dans les jours qui viennent, je vais continuer à vous entraîner dans la comparaison :)

mardi 2 juin 2015

Emménagement

Travaux d'emménagement
Elles sont pleines d'énergie, les filles d'en face ! Elles sont apparues il y a deux semaines pour nettoyer la maison de fond en comble. Elles semblent déterminées à obtenir le plus beau palais du quartier à la force de leurs biceps. Apparemment de la même famille, j'y ai identifié au moins trois générations, avec un seul garçon, d'une quinzaine d'années, choyé par ces demoiselles.

J'ai eu envie de les photographier à plusieurs reprises, car leur ardeur les embellit au moins autant que leurs vêtements de circonstance. Au fil des jours, elles se sont faites plus pudiques, plus amplement couvertes, plus voilées, mais toujours aussi actives. A tel point qu'elles continuent la nuit tombée, à l'éclairage électrique.

Ce soir, j'ai craqué. Je vous les livre. Ne sont-elles pas émouvantes ? Dès demain, j'irai m'excuser auprès d'elles, et en profiter pour leur dire mon plaisir à voir enfin de la vie en face !

P.S. le lendemain matin : munie d'une énorme pastèque et de caramels au beurre salé, j'ai été accueillie avec bonne humeur par les donzelles ravie d'être distraites de leurs occupations. Pas de problème pour les photos, m'ont-elles dit, tant qu'on n'y voit pas nos visages. L'honneur est sauf, et les relations de voisinages lancées sur le meilleur pied. :)

dimanche 31 mai 2015

Crépuscule...

Crépuscule du matin à Kaboul
...du matin !

Crépuscule du soir à Kaboul
...et du soir, un jour clair juste avant l'été :)

jeudi 28 mai 2015

Mééééééh !

Moutons à Cherpour
Intriguée par un bêlement somme toute insolite, je découvre sous mon balcon tout un troupeau et son berger, probablement en quête de fourrage dans l'une des décharges du quartier, dans ces mêmes rues où, il y a deux nuits, les sentinelles de la résidence du Vice-Président repoussaient les attaques des insurgés faisant diversion de leur assaut principal sur un hôtel pour expatriés, un kilomètre plus loin.

Note à l'attention d'enragés de tout poil : ceci n'est pas de la satire !

lundi 25 mai 2015

Du matin au soir

Kabou, quatre heures trente
Du premier soleil sur l'Hindou Kouch...
Kaboul, quinze heures
...à l'enfilade vers le Pandjchir dans l'après-midi...
Kaboul, vingt heures ...jusqu'aux illuminations de la ville dans la nuit, le spectacle est permanent à ma fenêtre ;)

mercredi 20 mai 2015

Anthropologie de l'égalité

Face à face à Kaboul
Leur âge est sûrement très voisin, à ces deux garçons de Kaboul, une quinzaine d'années. L'ânier avait attiré mon regard alors que je remontais l'avenue dans le même sens que lui, et je progressais à son rythme, en attendant le meilleur angle. L'autre, juché sur son cyclo-cross, s'est interposé pour faire, lui aussi, des photos, sans m'avoir aperçue. L'un travaille, dans des conditions peu enviables qui n'ont aucune chance de s'améliorer dans un futur prévisible, et l'autre se promène à travers la ville, armé des outils du touriste condescendant : masque anti-pollution, sac à dos et, surtout, appareil de prises de vues pour ramener des preuves aux camarades du pays lointain où l'on habite réellement.

Tout le drame de l'Afghanistan est contenu dans ce face-à-face. [Plus de détails dans mon ouvrage]

Ce qui ne semble nullement décourager les entreprises résolument optimistes de la majorité de la population, toujours affairée à construire... comme ici, une livraison de briques sous ma fenêtre qui peut expliquer pourquoi ma ligne ADSL est subitement devenue muette...
Livraison de briques
...qui se concrétise sans délai en étages supplémentaires sur l'échafaudage de bicoques qui grimpe au flanc de la colline !
Montée des murs
Souhaitons que n'arrive jamais le méga-tremblement de terre qui fera s'écrouler tout ça comme un château de cartes.

lundi 11 mai 2015

Saison humide

Averses à Kaboul
La température est douce ces jours-ci, mais les précipitations bien peu tempérées. Les agriculteurs seront contents mais beaucoup de villages vivent des épisodes d'inondation catastrophique car les orages sont violents et les eaux incontrôlables.

jeudi 7 mai 2015

Réalités rapiécées

Plus de connexion internet depuis hier soir. Me voilà larguée à terre. Nimic II continue sa route tout seul, sur les quelques ordres enregistrés au pilote à la dernière mise à jour de la météo. Avec un peu de chance le vent l’amènera jusqu’au large de Manhattan, où j’avais envisagé de raser le cordon dunaire de Long Island pour profiter des vents de terre jusqu’à Newport. La meute des loups de mer est restée au large, dans l’énorme chaudron de pétole qui clôture cette étape de la VOR et que je voulais contourner par l’ouest. Dans mes rêves. Sans instructions pour négocier l’arrivée, mon pixel va s’échouer sur une plage avant l’entrée du chenal, et peut-être même dans la no-sail-zone.

Cinq heures quinze ici. Le concert des muezzins salue le point du jour. La lumière blafarde s’illumine progressivement de taches roses entre les nuages. Le coq s’époumone. La rumeur de la ville efface progressivement le chant des oiseaux. Pas de soleil radieux ce matin, mais le calme relatif d’une journée demi-chômée pour les administrations. Les commerces sont en principe ouverts, reste à savoir si la journée me suffira pour récupérer au moins l’une de mes deux connexions. Insta en DSL, en rade depuis quinze jours, Etisalat en 3G, muet depuis une demi-journée, qui va assurer ?

Petit déjeuner habituel de céréales agrémentées de fruits et yaourt frais et saupoudrées d’amandes. Locales, les amandes… j’y fais bien attention depuis que je me suis rendu compte qu’une bonne part des appros arrive des Etats-Unis ! La clémentine est surie. Elle vient de chez le kaka ouzbèk d’en face, qui me gratifie toujours d’un grand sourire en me fourguant sa marchandise. Son yaourt est délicieux, mais il faudra peut-être que je change de fournisseur parce que ses primeurs manquent de fraîcheur.

J’ouvre grand les fenêtres pour aérer avant la montée de la chaleur. A la cuisine, vers le nord-ouest, les chaînes de montagnes s’étirent les unes derrière les autres, de plus en plus hautes, comme des colliers de dentelle serrés sur la ville. J’en compte sept rangs successifs, depuis les sombres collines couvertes de maisons en terrasse jusqu’aux sommets aux neiges éternelles que le vent déchire. Entre les deux se terre le lac artificiel de Qargha, réservoir de la capitale, et plus loin les vertes prairies de Paghman, devenues repaire d’insurgés après avoir abrité les splendeurs estivales de la monarchie.

Sortie à huit heures moins le quart, histoire d’arriver à l’ouverture. J’en profite pour faire un peu de marche, les occasions sont si rares. J’essaie d’être le plus invisible possible, je m’applique à marcher comme une femme d’ici, histoire qu’on ne me repère pas de loin… Les pieds en canard, le poids du corps entièrement sur l’arrière, je n’avance une jambe que quand l’autre est fermement plaquée au sol. J’ai la démarche chaloupée d’une matrone, tant pis pour les muscles et l’élasticité parisienne.

Les employés d’Insta sont alignés en silence derrière leurs comptoirs, plutôt contents de voir arriver un chaland. Leur système est au point : « Tout va bien chez nous, Madame, c’est votre ligne qui ne fonctionne pas. – Ce n’est pas ma ligne, c’est la vôtre ! » Il sourit. En effet, le contrat stipule que la compagnie est responsable du matériel. Pendant qu’il sort s’enquérir d’une solution auprès des services techniques, un autre client vient se plaindre d’une connexion aléatoire… « Nous ne pouvons pas garantir à cent pour cent, Monsieur, vous savez bien, les coupures d’électricité, et tout ça… » Il repart sur des proclamations de patriotisme. Je repars avec l’assurance que mon problème sera réglé dans l’heure !

Trois quart d’heures plus tard arrive chez moi un jeune technicien qui ne peut que constater l’absence de signal sur la ligne, et appelle les services techniques de la compagnie de téléphone. Il est neuf heures, je me retranche en attendant.

Au bout de deux heures, je décide qu’il est temps de changer mon fusil d’épaule, et je me présente chez Etisalat pour comprendre pourquoi il n’y a plus de 3.75G sur mon webtrotteur. C’est simple : un coup d’œil aux logs indique que ma dernière recharge, il y a deux jours, s’est perdue dans les méandres du système. « Pas de problème, Madame, dans quarante-huit heures ça sera recrédité sur votre compte ! » et il recharge aussitôt mon compte pour 4 GO.

Bilan ? La 4G vainqueur par KO. Pas de nouvelles des zozos de la ligne ADSL. Et puis, question tarif, ya pas photo !
youpi
Et pendant ce temps-là… mon pixel fait une monumentale cuiller en VMG le long des côtes américaines autour de la flotte perdue dans sa tempête de pétole.

vendredi 24 avril 2015

Nature morte

Coupe de fruits et buffet nouristani
Quant on ne sort pas de chez soi parce que trop occupée à écrire, c'est avec les moyens du bord qu'on garde le contact ;) Ici, la coupe en céramique d'Hérat qui contient les fruits du marché, bien calée dans le buffet nouristani qui meuble mon entrée. Il faudra encore quelques jours avant que les poires soient mangeables, mais leurs couleurs vives mettent en valeur les broderies ciselées de la menuiserie locale !

On trouve chez moi une armoire, une commode, un miroir et un lit du même style, copié d'un petit placard que j'avais trouvé chez un antiquaire il y a quatre ans.

vendredi 17 avril 2015

Déplacés

Représentants locaux
Baghlan, Kandahar, Kapissa... Cette litanie de provinces meurtries par les combats est celle de l'origine des habitants de l'un des grands camps de réfugiés autour de Kaboul, dont nous avions hier rassemblé les représentants pour parler de résolution de conflits impliquant des enfants. Chacun d'entre eux administre près de 200 familles, entassées dans des conditions épouvantables pour la plupart depuis plus de dix ans, sans que leur gouvernement ni l'aide internationale n'ait trouvé de solution à leur précarité. La plupart étaient rentrées du Pakistan à l'installation du gouvernement provisoire, alors que naissait l'espoir - rapidement déçu - de retrouver leur région d'origine.

Difficile de parler de droit des enfants à des chefs de famille parfois obligés - les wakils nous l'ont redit avec lassitude et fatalisme - de forcer le mariage d'une de leurs filles pour trouver les moyens de faire soigner un autre membre de leur famille.

Les seuls soutiens assurés depuis des années sont ceux de dévouées sages-femmes payées à mi-temps pour faire de la prévention, mais qui peuvent être appelées à n'importe quelle heure de la nuit pour mettre au monde les ribambelles d'enfants que chacun continue à désirer - à titre d'assurance vieillesse. Merci à elles !

Jamais deux sans trois

Tels de vieux amis, nous avons retrouvé à Jallalabad ce groupe d'anciens venus de plusieurs villages de Nangarhar pour partager leur expérience de résolution de conflits avec des fonctionnaires gouvernementaux, en présence d'humbles chercheurs de vérité. L'occasion en a été organisée pour satisfaire à la curiosité de nos mandataires, manifestement peu convaincus du contenu de nos rapports - ou peut-être trop occupés pour les lire entre deux tournées d'inspection sur le terrain :p ...au risque de nous faire passer pour des demeurés quand des questions de base surviennent au milieu d'un développement longuement élaboré, ou encore de casser la logique du-dit développement. Rolleyes

C'est encore quelques photos locales, comme ces enfants traversant la route sous le bras de leur grande (?!) sœur (dans son clinquant uniforme d'écolière)...
Enfants traversant la rue

Et que regardent donc ces badauds rassemblés comme au spectacle ?
Au spectacle sur la route de Jallalabad
Sur la route du retour, nous avons vu la rivière subitement grossir d'un flot turbulent et boueux... et quelques instants plus tard nous étions pris dans un gigantesque embouteillage. Quelque part dans la montagne un orage faisait dégouliner sa colère dans les torrents, et l'un d'entre eux débordait justement par-dessus la chaussée !
Eboulement boueux sur la route
Une fois dégagée la voiture prise au piège de l'écoulement - heureusement très momentané - tout le monde a pu reprendre son chemin le long de la rivière charriant les déversements de la ville. A l'arrivée à Kaboul, nous avons d'ailleurs subi un épisode particulièrement violent d'intempéries : orage et grêle comme des œufs de pigeon ont fait la nuit en plein jour pour une bonne demi-heure !

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