Le blog de Gauhar...

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Saison 12

Mission d'évaluation pour Afghanistan Demain, novembre 2015 à janvier 2016

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lundi 15 février 2016

Sandra Calligaro, Afghan Dream

Les sons du CD me plongent dans l'ambiance étalée en couleurs sur les pages de ton livre... Le résultat est encore plus fort que je ne l'imaginais ! J'y retrouve la résonance que le quotidien déchiré des Afghans n'a pas manqué de provoquer avec ta personnalité à fleur de peau. Et l'émotion permanente. Ce rêve en images est aussi une réalité incontournable, la perspective d'un mur plus inflexible que le béton qui quadrillera bientôt le monde entier si nous ne savons le rendre au mouvement essentiel de l'eau et du sable, à la fertilité de l'humus et à l'éclosion des roses.

Merci Sandra !

samedi 16 janvier 2016

Une hirondelle ne fait pas le printemps


Les Afghans possèdent de nombreux dictons, mais je ne connais pas celui qui correspond à notre proverbiale hirondelle. Bahar, le printemps, est le nom de la petite afghane que Rob Lowrie a voulu emmener vers sa famille anglaise. Qu'il n'ait pas subi les foudres de la justice mais seulement une peine symbolique n'atténue pas moins l'ampleur du problème. Des millions de personnes cherchent à fuir les zones instables du globe, ce qui est leur droit le plus absolu. Certaines se retrouvent coincées dans les arcanes indifférentes des administrations de nos pays, l'égoïsme de nos sociétés et la précarité de camps de fortune, tel celui de la jungle de Calais. Ce n'est pas la place d'une petite fille de quatre ans. Ce n'est pas non plus digne des fondements de nos institutions : "Les êtres humains naissent et demeurent libres et égaux en droits."

Signer, donner comme vous pouvez le faire par les réseaux sociaux, ne suffit pas. Les pays d'origine de ces millions de migrants subissent la rapacité de notre logique de compétition économique, industrielle et sociale : c'est pour exploiter leurs matières premières que les empires du monde se font la guerre chez eux. La solution ? Baisser les exigences de croissance de nos sociétés riches, et réaffecter une part de l'action militaire à l'aide au développement pour les populations à la source de ces mouvements de survie. C'est aussi construire des systèmes de protection sociale qui permettraient à chacun de garder l'espoir d'une vie digne dans sa société d'origine. A nous de les y aider.

PS : Et parce que les nouvelles se suivent sans se ressembler, je viens de récupérer ma valise égarée depuis samedi dernier... Le livreur dit qu'il y avait un pataques indescriptible à Roissy, et que mon bagage faisait partie d'un lot de plusieurs centaines concernant plusieurs compagnies. Un couac, quoi ! Conclusion, la compta d'AD est en lieu sûr - ainsi que mon Opinel, et je vais pouvoir régaler mes amis des amandes, oranges amères, krout, grenades et senjet qui en constituaient l'essentiel :)
Badam, narendj, krout, anar, senjet, produits du terroir afghan

mercredi 13 janvier 2016

Drifting East

Drifting East, musique afghane
La saison 12 aurait pu se clôturer sans tambour ni trompette, mais l'Afghanistan ne se laisse pas si facilement oublier et ce sont tablas, viole et violoncelle qui m'ont été proposés pour dériver vers l'est. ''Drifting East'' est un CD produit par trois jeunes artistes qui se sont rencontrés à Kaboul à l'initiative du Centre national de la Musique, et qui proposent des arrangements de mélodies afghanes pour instruments à cordes occidentaux. Merci Bruno !

Certains rappels sont moins heureux. Ainsi, depuis trois jours je tire toutes les ficelles possibles pour récupérer ma valise. C'est qu'outre les habituels cadeaux de fruits ou artisanat local, elle contient des documents irremplaçables, les originaux de toutes les factures de la comptabilité annuelle de l'association que je suis partie auditer, Afghanistan Demain. Les petits malfrats qui l'ont peut-être laissée éventrée dans un bois se fichent pas mal des dégâts qu'ils produisent, écœurés sans doute du manque de réel butin. Espérons que les procédures légales aboutiront, et qu'en prime je récupèrerai l'Opinel que j'avais déjà sauvé l'année dernière après un acte aventureux, alors qu'il est maintenant sagement coincé au fond de ma trousse de toilette, à mon désespoir. Heureusement, il y a la musique pour me consoler ;)
Dépôt de plainte

dimanche 10 janvier 2016

A tire d'aile

Constructions au nord de l'aéroport de Kaboul
Ce furent deux mois bien remplis et plutôt agités. Sur cette période, Kaboul a été soumise à cinq tremblements de terre, une attaque à la roquette, six attentats suicide au véhicule piégé, les nouvelles de perte de contrôle d’une dizaine de districts dans tout le pays, trois heures chaque jour de coupures d’électricité tournantes quoiqu’imprévisibles, une déconnexion d’internet toutes les vingt minutes sur le réseau 3G, des embouteillages biquotidiens aux heures de pointe, une rupture de câble réseau international, une quantité innombrable d’événements familiaux imprévisibles, aucune chute de neige, et beaucoup de paroles creuses concernant les pourparlers de paix, la situation sécuritaire ou le développement économique. L’ensemble appose aux différentes rencontres une difficulté certaine pour nos interlocuteurs à rester focalisés sur des questions précises, ainsi qu'une propension à rechercher des dérivatifs auprès des représentants du monde qui leur est inaccessible.

On les aime. On reviendra. Et au moment du départ, on se réjouit des péripéties somme toute bénignes. Le vol est retardé de quatre heures parce qu'il faut changer d'avion et en faire venir un autre d'Istanbul ? Cela prouve le sérieux de la compagnie à laquelle on confie son transport. Et de surcroit cela permet un décollage à une heure inhabituelle avec un ensoleillement parfait pour les photos. Au nord de l'aéroport se profile une nouvelle ville, née de la pression démographique de millions de déplacés venus chercher à la capitale les promesses du développement économique, là où l'espace n'était, il y a dix ans, dérangé que par les compétitions de bouzkachi.

Koh-e Paghman
Ensuite c'est le déroulé des magnifiques montagnes couvertes de neige, dont on suit la progression avec le coucher du soleil. Quand on atteint Istanbul, la nuit vient de tomber, et la ville projette toutes ses lumières dans un kaléidoscope géant. On sait qu'on n'aura qu'une demi-heure pour changer de vol, et on a la chance d’attraper la correspondance ! Alors on considère comme un avantage supplémentaire que son bagage n'y ai pas, lui, fait le transfert en même temps... puisqu'il arrivera tout seul à votre porte le lendemain matin, livré par les équipes de l'aéroport, ce qui vous évite d'avoir à trimballer vous-même les trente kilos de menus cadeaux qu'il contient ;)

A vous revoir, les Kaboulis !
Lumières d'Istanbul

jeudi 7 janvier 2016

Soupe de poulet, avec des légumes !

La soupe de Pakiza
A la faveur des embouteillages, on savoure les détails couleur locale, comme ici l'éventaire ambulant de Pakiza, qui vante et vend au détail une "soupe de poulet avec des légumes"... On ne l'a pas goûtée, puisque les consignes enjoignent de filer au plus vite afin de ne pas attirer l'attention. Mais le pas de sénateur que nous impose l'heure de pointe aux abord du pont d'Hartal permet de saisir la qualité des légumes promis, tels que fournis par les maraîchers du lieu...
Légumes au détail ...ainsi que le cadre de vie des clients.
A flanc de Sher Darwaza, le quartier Pol-e Hartal

C'est dans ces quartiers populaires de Kaboul, comme dans les quartiers plus chics, que se manifeste "l'âme afghane". Ainsi, il y a quelques jours, l'Ambassade avait-elle émis un message d'alerte : le soir même, l'Afghanistan jouait à Delhi la finale de la coupe inter-asiatique de football. En cas de victoire, la ville risquait d'exploser, sous forme de tirs de joie... à balles réelles bien sûr puisque les armes sont largement disponibles dans chaque foyer qui se respecte, entre autre mais pas seulement pour ces manifestations traditionnelles d'enthousiasme. On sait que des mariages ont été pris pour cible par des drones pour ce simple motif. On sait aussi que même tirées en l'air, des balles peuvent faire des victimes malheureuses. En prévention, et pour encourager l'expression symbolique de l'honneur dans le sport, le gouvernement afghan lui-même s'était fendu d'un message de soutien aux sportifs nationaux - message assorti d'une interdiction des tirs festifs. Le soir dit, j'ai bien entendu deux ou trois salves, c'était à l'occasion du premier but, marqué par l'équipe afghane. Puis la soirée s'était perdue dans la déception, l'Inde ayant égalisé juste avant la fin du temps réglementaire, puis marqué de nouveau dans les prolongations. Néanmoins l'honneur était sauf, et l'équipe fut accueillie en triomphe en dépit des attaques répétées des talibans contre l'aéroport.

Hier soir, réveillée dans mon premier sommeil par des rafales de kalachnikov, j'ai rapidement compris que l'honneur national était de nouveau sollicité : les pétarades festives ont duré plus d'une demi-heure dans toute la ville. Ce matin seulement j'en ai compris l'objet : l'Afghanistan vient d'accéder en première division internationale de cricket en battant le Zimbabwe à Dubaï à Sharjah aux Emirats. La soupe locale aura meilleur goût pour tous ! (PS : J'apprends à l'instant par les news qu'une personne a été blessée hier soir et que 35 autres ont été arrêtées en liaison avec les débordements festifs. Pour eux, la soupe sera moins bonne...)
Echoppe à Pol-e Hartal

mardi 5 janvier 2016

Soufi

Saint homme à la flute
C'est pour se couler dans son aura de sérénité qu'on arpentera les rues. Pour retrouver la musique des sphères et les paroles de l'infini dispensées par le saint homme à la recherche de vérité. Comme lui peut-être, on voudra se nourrir de fromages et de fruits secs. Ou alors on se laissera tenter par les succulents mets traditionnels que la carte propose aux amoureux du lieu.
Krout au naturel avec fruits secs

Sur le chemin, pourtant, on est pris d'un doute. N'est-ce pas le prochain lieu promis à la vindicte des terroristes ? Justement parce qu'il reçoit ceux, locaux ou internationaux, qui cherchent à faire retraite de la fureur du monde. On y rencontre les amis insaisissables autrement derrière les multiples niveaux de sécurité érigés à cause de ces mêmes terroristes. Ici à Kaboul, on comprend comment une société soumise à un stress sécuritaire impitoyable et multiséculaire a abouti à une culture de l'enfermement librement accepté. C'est celui qu'imposent les délégations étrangères placées dans le même contexte... Le soufisme n'est-il alors qu'un moyen de se libérer d'une réalité autrement insupportable ? Est-ce cela la découverte afghane ?

On aperçoit le jardin derrière le verre brisé. Y pénétrer pour vivre est en soi un risque. Il n'est pas de vie sans risque.
A travers le verre brisé

jeudi 31 décembre 2015

Ça ira mieux demain... bonne année !

Portefaix en attente d'embauche
Manœuvres pour un ou deux dollars la journée, les portefaix signalent leur disponibilité au bord de la route. Et comment y être mieux installé que sous les rayons du soleil d'hiver, bien calé dans l'outil de son travail, l'instrument de son artisanat... dont l'entretien parfait garantira l'empressement des clients à venir !

Demain, le business sera florissant ;) Bonne année !

mardi 29 décembre 2015

Karatchi

Bottier ambulant sur karatchi
Quand un enfant travailleur vous parle de karatchi, il ne pense pas à la grande ville portuaire du sud du Pakistan, où pourtant peut-être il est né quand sa famille était en exil. Non, il s'agit bien plutôt de la carriole ambulante qu'il pousse, seul, avec son père ou avec un patron d'occasion. Ils sont omniprésents dans les rues de la ville, autant d'étals soigneusement présentés qui fournissent l'essentiel de l'approvisionnement des familles populaires. Ces commerces ne sont soumis à d'autre réglementation que le bon vouloir du policier qui régente le coin de trottoir où l'on s'arrêtera, au besoin en lui graissant la patte.
Vaisselier sur karatchi à Kaboul
La semaine dernière, dans les centres d'accueil de jour d'Afghanistan Demain, à YakaTut près de l'aéroport, à DehMazang à flanc de la montagne de la télé ou à ChehelSetoun au sud de la ville - où certains d'entre eux bénéficient de cours de rattrapage scolaire pour réintégrer l'école publique - ils étaient plusieurs à nous expliquer leurs horaires : levé à six heures - il fait encore noir - pour se mettre en route le ventre creux vers la ville en poussant sa charge, et espérer se trouver à l'endroit convoité à l'heure de pointe (huit heures); de longues heures à attendre le chaland dans le froid avant d'être libéré pour rejoindre le centre à treize heures et y trouver enfin son premier repas de la journée. Et pour ce labeur, rapporter à sa famille entre 70 et 150 afghanis par jour, entre un et deux dollars.

Il me semble bien reconnaître le sourire de ce vaillant garçon partageant avec son père les devoirs de l'économie familiale.

PS qui n'a rien à voir : voici sur internet le résultat de la consultation dont je vous parlais la semaine dernière :) La chère Anastasia reprend les termes tels quels, puis interprète comme elle l'entend, mais pouvait-on s'attendre à autre chose...? Merci Google Alerts de m'avoir... alertée ;)

mercredi 23 décembre 2015

Britanniques et Russes : ''The Great Game revisited ?''

Première neige à Kaboul
Cela fait juste un an que l'agence russe ''Sputnik'' avait sollicité mes 'lumières', et l'hebdomadaire américain ''Newsweek'' lui avait emboîté le pas l'été dernier... ;) Me voilà donc sacrée oracle international puisque - jamais deux sans trois - l'équipe de Moscou réclame à nouveau ma contribution, bien qu'aucune des précédentes n'ai fait l'objet d'une publication. Il s'agit cette fois-ci de me soutirer des commentaires sur l'implication de forces spéciales britanniques dans les opérations de contrôle de l'insurrection dans le sud du pays.

Dear Anastasia: Again, I have no competence to judge on military operations. What can be felt from my Afghan friends here in Kabul is a total dismay at their own Government's incapacity to deal with surprise attacks in various parts of the country. But how could a client State cope with foreign interests which are too big for their ability? We know that terrorism cannot be prevented, especially when fighters intend to die: no army could defeat it, even with the most sophisticated equipment.

My own analysis of the global situation is that major world powers from any block have to understand this, and start considering the real life of the people living where their empires - be it Western block, Russia, China or else - overlap and compete for untapped ressources. Afghanistan is such a margin area. People here have lived under external pressure for millenaries. What they need now is human consideration, a sign that they are not just expendable pawns on the world chessboard. This would start with rich countries to cooperate and invest on social protection systems in these areas rather than fight one another in desperate support for local State's security.

Et juste pour vous remercier d'avoir lu jusqu'ici, ce cliché pris sur l'étal d'un vendeur ambulant de mon quartier : comme un clin d’œil à ce qu'est réellement la solidarité avec les populations... malheureusement en voie de disparition puisque les ONG quittent une à une le pays, en laissant derrière elles les signes de leur passage !
Livres de médecine d'occasion

lundi 21 décembre 2015

Chab-é Yalda

Nuit de Yalda
La nuit la plus longue de l'année est célébrée dans le calendrier persan sous le nom de nuit de Yalda, nuit de la lumière et du renouveau. On illumine la maison à la bougie, on déguste des fruits rouges de saison, pommes, grenades ou kakis, symboles de vie.

Pour moi, ce sera juste l'espoir qu'il n'y aura pas de coupure d'électricité.. Ou alors, je n'aurai qu'à me réconforter en croquant des chocolats de Paris, tout en m'emmitouflant dans mon chapan, cet élément indispensable de garde-robe acquis l'année dernière à Rostaq. Il s'agit d'un manteau ouzbek en coton matelassé, tellement épais qu'il tient assis tout seul sur mon lit quand je l'y installe ;)
Chapan pour se tenir au chaud

dimanche 20 décembre 2015

Rivière (de) Kaboul

Pont de la madrasse Khatam_al_Nabyin
On la devine à peine dans le lit sinueux tracé entre les bâtiments publics ou privés. On pourra la voir vraiment si on se donne la peine de s'arrêter sur l'un des nombreux ponts qui l'enjambent, comme le pont Hartal au pied de Sher Darwaza, qui mène à ChehelSetoun...
Pont Hartal

Vers l'amont...
Rivière Kaboul vers l'amont
ou vers l'aval...
Rivière Kaboul vers l'aval
...ce n'est que mares de boues au milieu des immondices attendant la fonte des neiges au printemps pour mériter le nom de rivière. Alors, on se souviendra qu'elle n'est pas seulement pont de paille (kah poul) mais aussi raison d'être de la ville.

Car même invisible elle fait vivre les petits commerces sur chacune de ses passerelles...
Passerelle Timourshahi
et elle participe à tous les drames de la cité.

C'est en son lit que s'est conclu ce printemps le lynchage de Farkhunda, qui donne maintenant son nom au quai autrefois appelé Andarabi...
Quai Farkhunda, où se construit le mausolée en son honneur
...ainsi qu'au jardin de la mosquée Do-Shamshira où la tragédie a commencé.Jardin de la mosquée Do Shamshira, maintenant jardin Farkhunda

jeudi 17 décembre 2015

ChehelSetoun : guerre et paix

Guerre et paix
Quand un enfant de la guerre va à l'école, que dessine-t-il à ses moments de liberté ? Son espoir de vivre dans un monde apaisé. Il lui faut une solide dose de résilience pour continuer à envisager un futur serein : les livres dont il dispose sont déjà passé entre les mains de plusieurs classes avant lui...
Livres résistants à l'usage

Il mange souvent sur le pouce dans un coin de l'atelier où il gagne de maigres ressources pour sa famille...
Casse-croûte à l'atelier

...alors que d'autres ont profité d'un repas traditionnel bien chaud : ash et qabouli (soupe de nouilles et ragoût de mouton au riz pilaf).
Ash et qabouli

A chaque accueil à l'école, il continue à chanter avec passion l'hymne national afghan qui rassemble toutes les ethnies dans l'idéal d'un monde équitablement partagé !
Tous égaux, tous frères !

lundi 14 décembre 2015

Yakatut et Cie

Bazar de Yakatut
Il fait froid, mais chacun profite des rayons de soleil pour résister, ou se réchauffe comme il peut d'un casse-croûte ou d'un bon coup d'huile de coude ;)
Au moins ça réchauffe

Aujourd’hui au menu, c'est berendj et dhal : riz pilaf et lentilles
Berendj et dhal



J'aurais aussi pu vous montrer les ruines de la maison qui a été détruite il y a deux nuits dans mon quartier, mais je préfère le sourire du colporteur qui continue son train-train sans sourciller... comme moi d'ailleurs. Cette vue est prise juste derrière, ça vous donne une idée du type de bâtiment qui a été visé.
Colporteur à Cherpour

jeudi 10 décembre 2015

Cantonnier, chiffonier, colporteur et cireur de chaussures

Petits métiers de Kaboul
Petits métiers de la rue kaboulie.
Cireur de chaussures devant le restaurant ouzbek

mardi 8 décembre 2015

Deh Mazang

Grimper la colline vers la maison
Quand on doit grimper sur deux cents mètres de dénivelé une pente à 40% pour rentrer à la maison, on se donne du courage en se tenant par la main... sous l’œil protecteur de l'épicier local qui attend le chaland en compagnie de ses oiseaux en cage, toujours prêt à vendre friandises et autres denrées de première nécessité !
Un commerçant à l'oeil bienveillant

C'est tout un petit monde qui vit dans la rue, comme ici le cordonnier tirant sur son fil pour raccommoder des savates éculées.
Cordonnier à Dasht-e Baghtchi

Il sera alors temps de se restaurer autour d'un plat traditionnel : chola et krout, mélange de céréales agrémenté d'une sauce au fromage fermenté...
Chola et krout
...et de se réjouir des merveilles en perles de verre confectionnées par les petites mains de la maison.
Verroterie

jeudi 26 novembre 2015

Etat d'urgence

Difficile de montrer les réalités de la vie dans une ville en guerre. Quoi de plus serein en effet qu'un ciel de début d'hiver, dont le soleil couchant illumine les montagnes vers l'est... mais pas que ! Cet insecte blanc en haut de la photo, accroché à un câble deux cents mètres au-dessus du palais présidentiel (...ou de l'ambassade américaine, au choix ;) ), contient une panoplie d'instruments électroniques destinés à surveiller déplacements et communications suspects. Un tel engin avait été testé et utilisé avec succès à Tagab à l'époque de l'intervention française, jusqu'à ce que les insurgés le descendent à coup de rockets.
Mouchards dans le ciel
Les Kaboulis - après les Tagabis deux ans plus tôt - ont appris à vivre sous l’œil du cyclope, auquel un jumeau a été attribué - on le voit un peu plus loin, au raz de l'horizon à droite de la photo, au-dessus de la zone où sont rassemblés les camps militaires sur la route de Djallalabad. En examinant attentivement la photo toujours vers l'horizon, on remarque aussi deux insectes noirs rasant les bâtiments : deux hélicoptères en patrouille.

S'habitue-t-on à être surveillé, mesuré, écouté en permanence ? Cela améliore-t-il réellement la sécurité au quotidien ? Est-ce un outil indispensable pour aller vers la paix ? Ce n'est pas l'expérience des Kaboulis. Aujourd'hui encore, je discutais avec des professionnels afghans, dans le cadre d'un programme de protection de l'enfance. Leur premier souci, à titre personnel, c'est qu'aucun système de protection sociale n'existe pour leurs familles si un malheur devait leur arriver. Homme ou femme, leur salaire fait vivre toute une famille. Leur voisinage les jalouse comme des nantis parce qu'ils ont la chance d'avoir du travail, ce qui les met au risque d'un enlèvement crapuleux. Et même ces pauvres avantages - un revenu mensuel de deux ou trois cents dollars - sont en train de leur glisser entre les doigts, avec l'extinction de la plupart des programmes d'aide internationale. Oui, il y a urgence. Elle nous concerne tous.

mardi 24 novembre 2015

Pleine lune sur Bibi-Mahruh

Lever de lune sur Bibi-Mahruh
Il avait fait très gris toute la journée, et j'étais retranchée dans mon bureau pour quelques travaux d'écriture. Et puis vers cinq heures, alors que la voix du molla s'élevait au-dessus des toits, je me suis approchée de la fenêtre pour tirer les rideaux avant la nuit. Elle était devant moi, radieuse, cabotine derrière ses nuages à attendre qu'on l’attrape, alors qu'elle flirtait avec les derniers rayons du soleil !

Un spectacle réjouissant pour quiconque apprécie les merveilles naturelles.

samedi 21 novembre 2015

Soir gaulois, matin afghan

Promenade en bords de Seine
Après une dernière visite aux quais de Seine au pied de la cathédrale, là où se promènent les amoureux de Paname - volatiles aussi bien que primates, on retrouve les aurores de Kaboul dont la lumière perce les nuages comme un appel à la prière. L'accueil est toujours chaleureux même si l'on partage la tension du quotidien, même si l'on connait l'incertitude du lendemain.
Aurore kaboulie

dimanche 15 novembre 2015

Bataclan

Offrandes du souvenir au Bataclan
Des centaines de bougies allumées, des billets serrés au creux de la main avant d'être déposés, des souvenirs offerts comme cette guitare d'enfant... Les Parisiens se recueillent devant le Bataclan et les autres lieux où se sont déroulés il y a deux jours des attaques terroristes et aveugles.

Médias à l'affut devant le Bataclan
Les médias se pressent pour cueillir l'émotion. Mais il me semble qu'au-delà de l'incompétence de nos dirigeants politiques à saisir l'ampleur du défi qui est posé aux États, ces terroristes - sans s'en rendre compte - nous rappellent tous à notre propre et commune condition humaine en convoquant à la fois la douleur et l'empathie. A forces d'attentats insensés, ils nous portent ensemble dans cette conscience collective et - on l'espère - dans l'élan du courage individuel et de la solidarité.

On essayera de s'y tenir pour notre prochaine saison à démarrer dans trois jours.

lundi 9 novembre 2015

Maître-mot : fusion

Trente-cinq ans d'Afrane
C'était hier, à la Cartoucherie, la célébration des trente-cinq ans d'Afrane, association d'amitié créée par les français d'Afghanistan pour rassembler leurs énergies et accompagner la résistance de la population aux ravages de l'intervention soviétique et ses suites. Ce fut un beau moment de fusion, symbolisée dans la création des jeunes artistes afghans, ceux du théâtre Aftâb avec leur Ronde de Nuit ou encore ceux du groupe musical de Bismillah, qui revisite des airs traditionnels avec des comparses occidentaux.

Fusion sera aussi le maître-mot de ma prochaine saison afghane, prévue pour débuter dans moins d'une quinzaine. A très bientôt !