Le blog de Gauhar...

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samedi 13 juin 2015

Quartiers de Kaboul

Toujours sorties de ma collection 2005, voici encore quelques vues de Kaboul et ses environs...Sher Darwaza vue de Qolola Pushta
Ici, en passant la crête de la colline de Qolula Pushta durant ma visite des bureaux de vote en 2005, j'ai aperçu la porte du Lion - Sher Darwaza - comme on n'a pas l'habitude de la voir du centre de la ville, cachée qu'elle est derrière la montagne de la télévision
Pour monter à la montagne de la télévision

Autre lieu tout proche qui semble maintenant inatteignable sous la bâche serrée des contraintes sécuritaires, le lac de Qargha...
Pavillon royal sur le lac de Qargha

et son club de golf !
Entrée du golf de Qargha

vendredi 12 juin 2015

Transports

Ligne Darulaman/Kaboul, 1917
Qui a connu le train en Afghanistan ? La ligne de tramway voulue par l'émir Amanullah reliait son tout nouveau palais de Darulaman et le centre de Kaboul, sept kilomètres plus au nord. C'était un produit de l'industrie allemande, que les ingénieurs afghans ont fièrement inauguré par bel été, avant que les voies ne fussent emportées par la saison humide qui suivit. A la chute d'Amanullah, les rames furent entreposées dans le jardin du musée, où elles sont encore.
Locomotive à vapeur au musée

Cet essai a symbolisé l'impossibilité de l'Afghanistan à s'ouvrir aux transports ferroviaires. C'est que chacune de ses frontières est dotée d'une infrastructure aux normes différentes de celle de toutes les autres. Pour devenir une zone de transit, les Afghans devraient mettre en place des outils de compatibilité qui n'existent pas ailleurs. Les travaux internationaux lancés en 2010 ont choisi l'écartement standard de 1,435 mètre, que la Chine est seule à utiliser parmi les voisins. C'est l'archétype d'une zone de marge, de fracture, d'un état-tampon.

Alors, entretemps, ce sont les camions qui transportent. De toutes les couleurs...
Camion de Kaboul

En tous lieux, avec tous types de chargements...
Chargement de bois dans le Logar

Les chauffeurs sont fiers de leurs décorations...
Camionneur et son camion

...et partageant les aléas de la vie nomade.
Casse-croûte après livraison

Mais dix ans plus tard, les vieux camions ont disparu, pour être remplacés par des monstres modernes.

jeudi 11 juin 2015

Kaboul, printemps 2005

Zoo de Kaboul
Je serais bien en peine de vous donner des nouvelles du zoo ces jours-ci. La ville a perdu sa belle humeur, ses habitants retombent progressivement dans la déchéance ou la déréliction. La bulle de l'aide internationale s'est dégonflée, et elle a servi les seuls intérêts des donateurs, trop intéressés à piller les ressources inexploitées du pays et indifférents aux difficultés de la population.

Rue des potiers, ShahrAgha Moi-même, en dépit de ma détermination, je me laisse grignoter par le rabâchage sécuritaire, et n'ose plus circuler dans ces lieux où régnaient l'optimisme des premières années, comme la rue des potiers du quartier Shahr-Agha. Beaucoup de mes amis afghans qui se réjouissaient de faire les honneurs de leur pays il y dix ans sont maintenant repartis vers des destinations plus stables. Et ceux qui restent n'osent plus se montrer avec des étrangers, par crainte de la vindicte des insurgés. Ici même, sur ce blog, il m'a été enjoint de retirer toute photo qui permettrait d'identifier des personnes avec qui j'ai travaillé...!

Quartier populaire de Kaboul
Il y avait bien sûr de grandes interrogations à l'époque. Pour moi, cette photo à la volée au cour d'un déplacement vers le sud de la ville est une énigme. Je ne l'avais pas publiée alors parce que je ne savais pas quoi en penser. Il fait très chaud. Ces fillettes sont à l'ombre devant une porte ouverte au coin d'une ruelle, à l'entrée d'un chantier. Elles regardent fixement les voitures qui passent, avec l'intensité qui marque tellement un étranger. Que font-elles là ?

mercredi 10 juin 2015

Retour en saison 1 (et avant...)

C'est au bonheur d'une opération de ménage sur mon disque dur que je suis retombée sur mes photos de saison Une et Deux, que je croyais avoir perdues. Non pas les vignettes qui illustrent cette première mouture de carnet de voyage, mais bien leurs originaux, ainsi que toutes les autres que j'avais prises à l'époque et gardées en réserve. En les revoyant me sont revenus autant de souvenirs, et donc l'idée de vous faire partager ce saut de dix ans en arrière.

Et tant qu'à voyager dans le temps, autant commencer par le commencement, avec la photo ci-dessus prise à Gardez en février 1978. Je ne pourrais pas vous dire exactement la date, mais c'était à l'occasion d'un saut de puce en bus depuis Islamabad avec deux amis. C'était deux mois avant la révolution de Saur. Et ce fut, presque trente ans plus tard en 2005, l'illustration de couverture de mon premier ouvrage sur l'Afghanistan.

Mausolée Shah-e Do-Shamshira sur la rivière Kaboul
Bien sûr, la qualité de mon appareil de l'époque laissait à désirer, mais le sujet n'en reste pas moins d'actualité : dans le vieux bazar de Kaboul, au bord de la rivière, se tient l'un des plus connus monuments de la ville, le mausolée Shah-é Do Shamshira, dont on aperçoit de loin la coupole vernissée de turquoise et flanquée de minarets. C'est dans son jardin qu'a eu lieu en février dernier un drame qui a secoué les Afghans : une jeune femme, Farkhonda, y a été lynchée par une foule délirante levée contre elle par un trafiquant d'amulette qui n'acceptait pas qu'elle lui reproche d'encourager la superstition. Cette tragédie est significative du niveau de stress de la population soumise à des pressions de tous les côtés.

Joyeuse rencontre de rue
En 2005, l'esprit général de la population était beaucoup plus optimiste, et les étrangères étaient saluées dans la rue avec enthousiasme ! Alors, dans les jours qui viennent, je vais continuer à vous entraîner dans la comparaison :)

mardi 2 juin 2015

Emménagement

Travaux d'emménagement
Elles sont pleines d'énergie, les filles d'en face ! Elles sont apparues il y a deux semaines pour nettoyer la maison de fond en comble. Elles semblent déterminées à obtenir le plus beau palais du quartier à la force de leurs biceps. Apparemment de la même famille, j'y ai identifié au moins trois générations, avec un seul garçon, d'une quinzaine d'années, choyé par ces demoiselles.

J'ai eu envie de les photographier à plusieurs reprises, car leur ardeur les embellit au moins autant que leurs vêtements de circonstance. Au fil des jours, elles se sont faites plus pudiques, plus amplement couvertes, plus voilées, mais toujours aussi actives. A tel point qu'elles continuent la nuit tombée, à l'éclairage électrique.

Ce soir, j'ai craqué. Je vous les livre. Ne sont-elles pas émouvantes ? Dès demain, j'irai m'excuser auprès d'elles, et en profiter pour leur dire mon plaisir à voir enfin de la vie en face !

P.S. le lendemain matin : munie d'une énorme pastèque et de caramels au beurre salé, j'ai été accueillie avec bonne humeur par les donzelles ravie d'être distraites de leurs occupations. Pas de problème pour les photos, m'ont-elles dit, tant qu'on n'y voit pas nos visages. L'honneur est sauf, et les relations de voisinages lancées sur le meilleur pied. :)

dimanche 31 mai 2015

Crépuscule...

Crépuscule du matin à Kaboul
...du matin !

Crépuscule du soir à Kaboul
...et du soir, un jour clair juste avant l'été :)

jeudi 28 mai 2015

Mééééééh !

Moutons à Cherpour
Intriguée par un bêlement somme toute insolite, je découvre sous mon balcon tout un troupeau et son berger, probablement en quête de fourrage dans l'une des décharges du quartier, dans ces mêmes rues où, il y a deux nuits, les sentinelles de la résidence du Vice-Président repoussaient les attaques des insurgés faisant diversion de leur assaut principal sur un hôtel pour expatriés, un kilomètre plus loin.

Note à l'attention d'enragés de tout poil : ceci n'est pas de la satire !

lundi 25 mai 2015

Du matin au soir

Kabou, quatre heures trente
Du premier soleil sur l'Hindou Kouch...
Kaboul, quinze heures
...à l'enfilade vers le Pandjchir dans l'après-midi...
Kaboul, vingt heures ...jusqu'aux illuminations de la ville dans la nuit, le spectacle est permanent à ma fenêtre ;)

mercredi 20 mai 2015

Anthropologie de l'égalité

Face à face à Kaboul
Leur âge est sûrement très voisin, à ces deux garçons de Kaboul, une quinzaine d'années. L'ânier avait attiré mon regard alors que je remontais l'avenue dans le même sens que lui, et je progressais à son rythme, en attendant le meilleur angle. L'autre, juché sur son cyclo-cross, s'est interposé pour faire, lui aussi, des photos, sans m'avoir aperçue. L'un travaille, dans des conditions peu enviables qui n'ont aucune chance de s'améliorer dans un futur prévisible, et l'autre se promène à travers la ville, armé des outils du touriste condescendant : masque anti-pollution, sac à dos et, surtout, appareil de prises de vues pour ramener des preuves aux camarades du pays lointain où l'on habite réellement.

Tout le drame de l'Afghanistan est contenu dans ce face-à-face. [Plus de détails dans mon ouvrage]

Ce qui ne semble nullement décourager les entreprises résolument optimistes de la majorité de la population, toujours affairée à construire... comme ici, une livraison de briques sous ma fenêtre qui peut expliquer pourquoi ma ligne ADSL est subitement devenue muette...
Livraison de briques
...qui se concrétise sans délai en étages supplémentaires sur l'échafaudage de bicoques qui grimpe au flanc de la colline !
Montée des murs
Souhaitons que n'arrive jamais le méga-tremblement de terre qui fera s'écrouler tout ça comme un château de cartes.

lundi 11 mai 2015

Saison humide

Averses à Kaboul
La température est douce ces jours-ci, mais les précipitations bien peu tempérées. Les agriculteurs seront contents mais beaucoup de villages vivent des épisodes d'inondation catastrophique car les orages sont violents et les eaux incontrôlables.

jeudi 7 mai 2015

Réalités rapiécées

Plus de connexion internet depuis hier soir. Me voilà larguée à terre. Nimic II continue sa route tout seul, sur les quelques ordres enregistrés au pilote à la dernière mise à jour de la météo. Avec un peu de chance le vent l’amènera jusqu’au large de Manhattan, où j’avais envisagé de raser le cordon dunaire de Long Island pour profiter des vents de terre jusqu’à Newport. La meute des loups de mer est restée au large, dans l’énorme chaudron de pétole qui clôture cette étape de la VOR et que je voulais contourner par l’ouest. Dans mes rêves. Sans instructions pour négocier l’arrivée, mon pixel va s’échouer sur une plage avant l’entrée du chenal, et peut-être même dans la no-sail-zone.

Cinq heures quinze ici. Le concert des muezzins salue le point du jour. La lumière blafarde s’illumine progressivement de taches roses entre les nuages. Le coq s’époumone. La rumeur de la ville efface progressivement le chant des oiseaux. Pas de soleil radieux ce matin, mais le calme relatif d’une journée demi-chômée pour les administrations. Les commerces sont en principe ouverts, reste à savoir si la journée me suffira pour récupérer au moins l’une de mes deux connexions. Insta en DSL, en rade depuis quinze jours, Etisalat en 3G, muet depuis une demi-journée, qui va assurer ?

Petit déjeuner habituel de céréales agrémentées de fruits et yaourt frais et saupoudrées d’amandes. Locales, les amandes… j’y fais bien attention depuis que je me suis rendu compte qu’une bonne part des appros arrive des Etats-Unis ! La clémentine est surie. Elle vient de chez le kaka ouzbèk d’en face, qui me gratifie toujours d’un grand sourire en me fourguant sa marchandise. Son yaourt est délicieux, mais il faudra peut-être que je change de fournisseur parce que ses primeurs manquent de fraîcheur.

J’ouvre grand les fenêtres pour aérer avant la montée de la chaleur. A la cuisine, vers le nord-ouest, les chaînes de montagnes s’étirent les unes derrière les autres, de plus en plus hautes, comme des colliers de dentelle serrés sur la ville. J’en compte sept rangs successifs, depuis les sombres collines couvertes de maisons en terrasse jusqu’aux sommets aux neiges éternelles que le vent déchire. Entre les deux se terre le lac artificiel de Qargha, réservoir de la capitale, et plus loin les vertes prairies de Paghman, devenues repaire d’insurgés après avoir abrité les splendeurs estivales de la monarchie.

Sortie à huit heures moins le quart, histoire d’arriver à l’ouverture. J’en profite pour faire un peu de marche, les occasions sont si rares. J’essaie d’être le plus invisible possible, je m’applique à marcher comme une femme d’ici, histoire qu’on ne me repère pas de loin… Les pieds en canard, le poids du corps entièrement sur l’arrière, je n’avance une jambe que quand l’autre est fermement plaquée au sol. J’ai la démarche chaloupée d’une matrone, tant pis pour les muscles et l’élasticité parisienne.

Les employés d’Insta sont alignés en silence derrière leurs comptoirs, plutôt contents de voir arriver un chaland. Leur système est au point : « Tout va bien chez nous, Madame, c’est votre ligne qui ne fonctionne pas. – Ce n’est pas ma ligne, c’est la vôtre ! » Il sourit. En effet, le contrat stipule que la compagnie est responsable du matériel. Pendant qu’il sort s’enquérir d’une solution auprès des services techniques, un autre client vient se plaindre d’une connexion aléatoire… « Nous ne pouvons pas garantir à cent pour cent, Monsieur, vous savez bien, les coupures d’électricité, et tout ça… » Il repart sur des proclamations de patriotisme. Je repars avec l’assurance que mon problème sera réglé dans l’heure !

Trois quart d’heures plus tard arrive chez moi un jeune technicien qui ne peut que constater l’absence de signal sur la ligne, et appelle les services techniques de la compagnie de téléphone. Il est neuf heures, je me retranche en attendant.

Au bout de deux heures, je décide qu’il est temps de changer mon fusil d’épaule, et je me présente chez Etisalat pour comprendre pourquoi il n’y a plus de 3.75G sur mon webtrotteur. C’est simple : un coup d’œil aux logs indique que ma dernière recharge, il y a deux jours, s’est perdue dans les méandres du système. « Pas de problème, Madame, dans quarante-huit heures ça sera recrédité sur votre compte ! » et il recharge aussitôt mon compte pour 4 GO.

Bilan ? La 4G vainqueur par KO. Pas de nouvelles des zozos de la ligne ADSL. Et puis, question tarif, ya pas photo !
youpi
Et pendant ce temps-là… mon pixel fait une monumentale cuiller en VMG le long des côtes américaines autour de la flotte perdue dans sa tempête de pétole.

vendredi 24 avril 2015

Nature morte

Coupe de fruits et buffet nouristani
Quant on ne sort pas de chez soi parce que trop occupée à écrire, c'est avec les moyens du bord qu'on garde le contact ;) Ici, la coupe en céramique d'Hérat qui contient les fruits du marché, bien calée dans le buffet nouristani qui meuble mon entrée. Il faudra encore quelques jours avant que les poires soient mangeables, mais leurs couleurs vives mettent en valeur les broderies ciselées de la menuiserie locale !

On trouve chez moi une armoire, une commode, un miroir et un lit du même style, copié d'un petit placard que j'avais trouvé chez un antiquaire il y a quatre ans.

vendredi 17 avril 2015

Déplacés

Représentants locaux
Baghlan, Kandahar, Kapissa... Cette litanie de provinces meurtries par les combats est celle de l'origine des habitants de l'un des grands camps de réfugiés autour de Kaboul, dont nous avions hier rassemblé les représentants pour parler de résolution de conflits impliquant des enfants. Chacun d'entre eux administre près de 200 familles, entassées dans des conditions épouvantables pour la plupart depuis plus de dix ans, sans que leur gouvernement ni l'aide internationale n'ait trouvé de solution à leur précarité. La plupart étaient rentrées du Pakistan à l'installation du gouvernement provisoire, alors que naissait l'espoir - rapidement déçu - de retrouver leur région d'origine.

Difficile de parler de droit des enfants à des chefs de famille parfois obligés - les wakils nous l'ont redit avec lassitude et fatalisme - de forcer le mariage d'une de leurs filles pour trouver les moyens de faire soigner un autre membre de leur famille.

Les seuls soutiens assurés depuis des années sont ceux de dévouées sages-femmes payées à mi-temps pour faire de la prévention, mais qui peuvent être appelées à n'importe quelle heure de la nuit pour mettre au monde les ribambelles d'enfants que chacun continue à désirer - à titre d'assurance vieillesse. Merci à elles !

Jamais deux sans trois

Tels de vieux amis, nous avons retrouvé à Jallalabad ce groupe d'anciens venus de plusieurs villages de Nangarhar pour partager leur expérience de résolution de conflits avec des fonctionnaires gouvernementaux, en présence d'humbles chercheurs de vérité. L'occasion en a été organisée pour satisfaire à la curiosité de nos mandataires, manifestement peu convaincus du contenu de nos rapports - ou peut-être trop occupés pour les lire entre deux tournées d'inspection sur le terrain :p ...au risque de nous faire passer pour des demeurés quand des questions de base surviennent au milieu d'un développement longuement élaboré, ou encore de casser la logique du-dit développement. Rolleyes

C'est encore quelques photos locales, comme ces enfants traversant la route sous le bras de leur grande (?!) sœur (dans son clinquant uniforme d'écolière)...
Enfants traversant la rue

Et que regardent donc ces badauds rassemblés comme au spectacle ?
Au spectacle sur la route de Jallalabad
Sur la route du retour, nous avons vu la rivière subitement grossir d'un flot turbulent et boueux... et quelques instants plus tard nous étions pris dans un gigantesque embouteillage. Quelque part dans la montagne un orage faisait dégouliner sa colère dans les torrents, et l'un d'entre eux débordait justement par-dessus la chaussée !
Eboulement boueux sur la route
Une fois dégagée la voiture prise au piège de l'écoulement - heureusement très momentané - tout le monde a pu reprendre son chemin le long de la rivière charriant les déversements de la ville. A l'arrivée à Kaboul, nous avons d'ailleurs subi un épisode particulièrement violent d'intempéries : orage et grêle comme des œufs de pigeon ont fait la nuit en plein jour pour une bonne demi-heure !

samedi 11 avril 2015

Tapis afghan

Cultures à l'eau de pluie
On aurait envie de se rouler sur le velours des parcelles soigneusement travaillées qui déroulent à l'infini un tapis aux motifs mystérieux comme un code secret. Le message qu'il porte, c'est celui de la rareté de l'eau. Ici, la majorité des cultures sont lalmi, elles dépendent des pluies de printemps pour arriver à maturité. Il suffit d'une saison plus sèche qu'à l'ordinaire pour plonger tout un district dans la misère.

Alors que nous parlions de justice pour les mineurs avec notre assemblée de fiers notables, leur réponse était sans équivoque : la majorité des conflits où l'on trouve des enfants sont le produit de difficultés économiques. Chez eux, justement, la source se trouve à plusieurs kilomètres du village, les enfants sont chargés d'y conduire les ânes pour approvisionner le foyer. Quand il faut faire la queue pendant des heures avant d'arriver à la pompe, les disputes sont fréquentes, et parfois fatales.

Route vers l'école en Takhar
Sur la route du retour, il a les enfants qui vont à l'école, et ceux qui vont à l'eau... mais ce sont les mêmes. Comme l'école est organisée par demies-journées - on est du matin ou de l'après-midi - cela laisse à tous le temps de contribuer à l'économie familiale. En matière d'égalité, on peut s'inquiéter que les petites filles portent un uniforme austère alors que les garçons gambadent librement. On peut aussi veiller à l'amélioration des conditions sociales pour que leur environnement à tous se rapproche de celui des petits européens.
Enfants au puits

vendredi 10 avril 2015

Repos hebdomadaire

Barbecue
Notre hôte l'affirme, il prépare toujours des kababs à l'occasion du départ de ses invités. C'est tellement bon qu'on promet de revenir dès que possible, ne serait-ce que pour se détendre sur l'herbe fraîche du jardin sous les boutons de poiriers ou autre fruitiers. A vous revoir, les bienheureux habitants de Rostaq !
Poirier en boutons à Rostaq

jeudi 9 avril 2015

Marché du jour

En vrac...
Guirlandes de mariage
Guirlandes de mariage...

Articles pour bricoleurs...
Visserie
Outillage

Mode locale...
Boutique du tailleur

mercredi 8 avril 2015

Rendez-vous afghan

Voyageurs à propulsion mécanique
Donc nous voilà sur la piste défoncée qui mène à Kodok, village de montagne où nous attend une autre assemblée d'anciens. Les conditions atmosphériques promettent des prises de vues parfaites durant l'heure que nous mettrons à parcourir les trente kilomètres du trajet. Nous croisons de nombreux voyageurs, à pied, à cheval ou en moto, dont certains saluent vivement.
Voyageurs à propulsion animale

Alors que la trace se fait de plus en plus escarpée, nous sommes arrêtés par un petit attroupement... relatif : quelques chèvres et leur berger, un véhicule stoppé et des badauds penchés sur le précipice.
Badauds afghans
Hier en fin de journée, un chauffeur a perdu le contrôle de son véhicule sur une flaque de boue laissée par les pluies des derniers jours. Le procureur est là, pour expertiser la situation. On peut douter qu'il franchisse en varappe les trois cents mètres de dénivelé jusqu'à la carcasse qui gît au fond du ravin...

Point d'eau à Kodak
Arrivés à destination, nous constatons que le village est totalement vide de ses habitants mâles, tous rendus à Rostaq pour les funérailles du défunt. Ce sont eux qui nous saluaient au passage ! Comme il est hors de question d'entreprendre une quelconque conversation avec les femmes laissées à leurs foyers, il ne reste qu'à rentrer en profitant des beautés du paysage... :)
Piste vers Kodak

mardi 7 avril 2015

Visite à Nahristan

Il s'agissait de rencontrer un petit groupe d'anciens rassemblés autour de l'idée de l'intérieur supérieur de l'enfant. Nous étions partis tôt pour avoir le temps d'engager une discussion de fond, une fois arrivés au village de montagne visé ; l'un de nos collègues était parti en avance pour en lancer l'idée auprès des patelins voisins. A l'arrivée nous nous sommes assis en compagnie d'une dizaine de personnages fièrement coiffés de leurs turbans et bien décidés à faire profit des circonstances. Et petit à petit, au cours de la matinée, l'assemblée s'est renforcée de nouveaux arrivants racolés par la rumeur, au point qu'au bout de deux heures on ne pouvait plus s'asseoir le long des murs de la hudjra perchée à flanc de falaise. Une fois nos échanges aboutis, il fallut encore beaucoup de persuasion pour les faire tous rentrer dans le champ de notre objectif ;)

Mais la meilleure rencontre de la journée reste encore cette gamine claquant nonchalamment une bulle de chewing-gum du haut de son âne au retour du puits.
Corvée d'eau

dimanche 5 avril 2015

En passant par Taloqan

Art contemporain à l'aéroport de Kaboul
Enfin la météo semble-t-elle autoriser notre vol vers le nord... Réveillés aux aurores glorieuses de lendemains lavés aux pluies de plusieurs jours, nous voilà décollant de l'aéroport de Kaboul dans un Beechkraft qui s'élève gaillardement au-dessus de l'Hindou Kouch. Au passage, nous avons salué les équipes techniques qui tentent de réparer la liaison haute tension entre le Turkménistan et Kaboul... rompue par une tempête de neige dans le Salang depuis plus d'un mois et cause nos déboires électriques.
Hublot sur le Salang

En cours de vol, le pilote nous annonce que l'itinéraire sera modifié : direct sur Taloqan parce que la première escale prévue est bouchée par des pluies inopinées. Nous y laissons donc notre avion dans une atmosphère bucolique, et nos compagnons de vol en attente d'une fenêtre météo mais peu sûrs d'arriver à Faizabad, leur destination...
Aérodrome de Taloqan

Et nous revoilà sur la route qui mène de Taloqan à Rostaq. Fin 2013, c'est à la saison sèche d'automne que nous l'avions admirée. Aujourd'hui, les collines sont tendrement verdies des promesses du printemps humide...
Regain de verdure en Takhar

et les maraîchers dispensent les produits de cette richesse !
Epinards au marché

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