Carte murale du Nangarhar
Le département de l'éducation de Djallalabad témoigne de l'importance de la ville : rendez-vous doit être pris à l'avance, et l'entretien sera écourté parce que notre interlocuteur a d'autres obligations. Avant de nous quitter, il aura néanmoins tenu à nous orienter vers les joyaux de son domaine, les lycées - l'un de filles, l'autre de garçons - qui jouxtent son administration.

La principale qui organise les destinées de plus de 5000 gamines de 7 à 18 ans était particulièrement attentive à présenter une image lissée de son établissement. La moindre mauvaise publicité, le moindre incident sur le chemin de l'école, en effet, provoquerait des levées de bouclier auprès des familles désireuses de préserver l'honneur de leurs filles.

Classe de mathématiques
Dans la classe de mathématiques du onzième et avant-dernier niveau, les élèves suivent avec dévotion le cours sur les limites. 'Il est comme notre père', disent-elles à propos du vénérable professeur. A côté, une salle d'informatique flambant neuf. Sur les murs séchent des enluminures de toutes sortes qu'un calligraphe est justement en train de poser, en arabe, en persan, en pachto, en anglais... il y a même une table de Mendeleiev !

Pourtant, comme à Rostaq une grande partie des filles n'a pas de salle de classe, et ici même pas de tente pour les protéger du soleil ou de la pluie : elles sont assises en tailleur dans la cour, et leur professeur écrit sa leçon sur un chevalet. A l'inverse, le principal du lycée de garçons mitoyen indiquera fièrement que ses 8000 élèves sont abrités dans des bâtiments adéquats. Malgré les annonces, depuis douze ans l'aide internationale n'a donc pas trouvé moyen de faciliter l'accès équitable à l'éducation pour les filles !

Peut-on en blamer la nonchalance des boutiquiers ?
En attente du chaland