Bottier ambulant sur karatchi
Quand un enfant travailleur vous parle de karatchi, il ne pense pas à la grande ville portuaire du sud du Pakistan, où pourtant peut-être il est né quand sa famille était en exil. Non, il s'agit bien plutôt de la carriole ambulante qu'il pousse, seul, avec son père ou avec un patron d'occasion. Ils sont omniprésents dans les rues de la ville, autant d'étals soigneusement présentés qui fournissent l'essentiel de l'approvisionnement des familles populaires. Ces commerces ne sont soumis à d'autre réglementation que le bon vouloir du policier qui régente le coin de trottoir où l'on s'arrêtera, au besoin en lui graissant la patte.
Vaisselier sur karatchi à Kaboul
La semaine dernière, dans les centres d'accueil de jour d'Afghanistan Demain, à YakaTut près de l'aéroport, à DehMazang à flanc de la montagne de la télé ou à ChehelSetoun au sud de la ville - où certains d'entre eux bénéficient de cours de rattrapage scolaire pour réintégrer l'école publique - ils étaient plusieurs à nous expliquer leurs horaires : levé à six heures - il fait encore noir - pour se mettre en route le ventre creux vers la ville en poussant sa charge, et espérer se trouver à l'endroit convoité à l'heure de pointe (huit heures); de longues heures à attendre le chaland dans le froid avant d'être libéré pour rejoindre le centre à treize heures et y trouver enfin son premier repas de la journée. Et pour ce labeur, rapporter à sa famille entre 70 et 150 afghanis par jour, entre un et deux dollars.

Il me semble bien reconnaître le sourire de ce vaillant garçon partageant avec son père les devoirs de l'économie familiale.

PS qui n'a rien à voir : voici sur internet le résultat de la consultation dont je vous parlais la semaine dernière :) La chère Anastasia reprend les termes tels quels, puis interprète comme elle l'entend, mais pouvait-on s'attendre à autre chose...? Merci Google Alerts de m'avoir... alertée ;)