Ribambelle sur le chemin de l'école
Caravanes d'écoliers
C'est un bonheur de traverser la ville à l'heure de la rentrée des écoles ! Les grands frères poussent des brassées de petits et les grandes sœurs tirent des caravanes de plus grands, tous dans l'allégresse de la recherche de la connaissance. Plus loin, les anciens célèbrent le respect de cette connaissance dans l'ombre soyeuse des librairies au pied des vieux quartiers de Deh Afghanan, là où les antiques entrepôts ne servent plus que d'abris de fortune.
Librairie du soleil
Antiques entrepôts à Deh Afghanan
Ils sont des millions de jeunes Afghans à être sortis du système scolaire et universitaire depuis dix ans. Jusqu'à récemment, quand leur famille avait eu les moyens de leur offrir une formation diplômante dans un domaine recherché (anglais, business, informatique, sciences), ils se casaient dans les projets de reconstruction ou auprès des représentations internationales. Avec le dégonflage de la bulle de l'aide, la machine s'est enrayée, et leurs perspectives se tournent vers l'étranger.

Souvent, une bourse d'étude dans un pays développé leur semble la seule solution légale à leur marasme. Les dossiers sont épais, les documents nombreux à fournir, et ils doivent être produits en langue anglaise. Pour les diplômés de l'université de Kaboul, ce parcours d'obstacle est devenu un cauchemar car sous prétexte de manque de budget, les versions anglaises de leurs précieux parchemins ne sont plus fournies depuis deux ans. Les jeunes en souffrance n'y voient qu'une réelle explication : le gouvernement veut les empêcher de partir. De quoi faire monter la pression de l'insatisfaction populaire ?

Echoppes de Deh Afghanan