Colline du vieux
"Dawa push ! Dawa push !" Tel est l'appel que j'entendais tôt ce matin sous ma fenêtre... Curieuse à mon habitude, d'autant que je comprends plus ou moins le sens de ce cri (poseur de médicament...?), j'observe un petit bonhomme coiffé d'un turban de guingois (comme les vieux hazaras) et portant sur le dos un conteneur en métal : il en sort un tuyau de caoutchouc au bout duquel est fixé un tube métallique qu'il brandit à la main droite, alors que sa main gauche tient un sac en plastique contenant diverses boites de carton. J'en déduis qu'il propose des services de fumigation de produits variés, insecticide, herbicide, engrais ou autres...

A peine a-t-il tourné le coin que résonne déjà dans le vide des rues l'annonce d'un autre, qui m'est, celle-ci, incompréhensible. L'émetteur apparaît dans l'ombre de l'aurore sur un vélo harnaché de sacs en plastique, qu'il stoppe quasiment sous mon nez - ou du moins dans l'axe de mon objectif - dans une flaque de lumière reflétée par le bâtiment voisin. Une fois l'engin soigneusement calé sur sa béquille, l'homme - pas bien vigoureux - franchit l'égout pour aller frapper du plat de la main au portail métallique devant lequel il s'est arrêté : deux coups fermes, puis il revient sagement à côté sa bécane. Il n'attend qu'une ou deux minutes, et la porte s'ouvre pour laisser passer une gamine qui lui tend un petit paquet. Impossible, de là où je suis, de voir de quoi il s'agit. Une simple salutation est échangée, la fillette rentre et le brocanteur satisfait remonte gaillardement son biclou vers de nouvelles aventures.
Récupération en porte-à-porte

Ainsi va le cycle de la récupération et de l'entretien des maisons particulières, dans un quartier traditionnel de Kaboul aux très petites heures du jour, alors que le soleil est à peine levé sur la colline du vieux de la montagne, tapa-e Galidzadan.