Jeudi soir, 21h23.
Toute la ville est subitement plongée dans le noir. Ca fait longtemps que ça n'était pas arrivé... L'hiver dernier les talibans avaient coupé l'alimentation principale en provenance du Tajikistan, et cela avait duré plusieurs semaines avant que l'armée puisse réinvestir les lieux pour replanter des pylones. Pendant cette période, chaque quartier subissait plusieurs heures de coupures par jour. Depuis, le printemps avait été plutôt calme, seuls des délestages occasionnels provoquaient des interruptions de quelques secondes avant que la tension revienne.
Et puis, aujourd'hui, je me vois de nouveau contrainte de chercher les allumettes à tâtons pour y voir un peu. Dehors, le ronronnement des générateurs occupe graduellement la nuit noire, où l'on voit néanmoins briller les illuminations des salles de mariages parées à toutes les éventualités. Mon ordi tient sur sa batterie, ma connection 3G aussi dès que l'émetteur de coms du quartier a bénéficié de son alimentation de secours. Les enfants de l'appartement voisin continent à jouer joyeusement, l'obscurité semble les amuser. Quelques immeubles bénéficient d'un éclairage blafard grâce à des batteries chargées par des panneaux solaires.
A 20h38, le quartier se rallume. Les enfants d'à côté lancent des cris de joie ! Le débit internet est beaucoup plus rapide juste après cet incident :)