Napoléon-Vendée
Filet de pêche Quelle préfecture française fut instaurée en 1804 par un empereur, dessinée sous forme de pentagone, quadrillée en damier, ornée de sa statue équestre et appelée de son nom ? Celle où se retrouvent aujourd'hui une patrouille d'éclaireurs arrivés du carrefour des empires pour échapper à la pression inhumaine d'intérêts exogènes en compétition sur leur zone d'habitat. Indice utile, l'économie de ce département d'accueil est pour une part fondée sur le filet de pêche.

Celui qui râle tout le temps pour prendre l'ascendant sur le groupe et en tirer quelque profit, celui qui rêve face à l'océan embrassé pour la première fois, celui qui reste cloîtré dans son désespoir fait de harcèlement communautaire et d'éloignement familial, celui qui s'émerveille de voir sa bobine sortir du photomaton en cinq exemplaires, celui dont les talents de cuisinier l'assignent au rôle d'intendant pour tout le groupe, celui qui s'évertue à pointer la liste des aliments autorisés ou non, celui dont les toux diurnes et sueurs noctures font craindre un méchant virus... Ils se sont levés, hébétés et anxieux, au petit matin gelé, pour prendre un bus vers les équipes du Centre d'accueil des demandeurs d'asile. On y démêle pour eux les arcanes des nouvelles dispositions applicables aux migrants provisoirement hébergés après le démantèlement de la jungle de Calais. Ils ne connaissent rien à la vie d'une province française. Entre espoir, excitation et sombre ennui, ils courent la chance ou le risque d'un dossier dont personne ne pourra leur expliquer l'issue.

Hasard, ou destin, que je m'y sois retrouvée avec eux ? :)