Entrée du lycée Amani
Voici ma photo la plus proche du carrefour où a eu lieu ce matin l'attentat suicide qui a fait plus d'une centaine de morts à Kaboul, à proximité de l'ambassade de France... et du lycée Amani financé par la coopération allemande ! La photo date d'octobre 2012. On peut craindre que de nombreux enfants fassent partie des victimes. Et voilà ce que j'écrivais à la même époque à propos de ce carrefour :

"Il y a à Kaboul une kyrielle de carrefours symbolisant les ruptures tribalo-traditionalistes, qui supportent l’essentiel des tensions. Ce sont des lieux d’insécurité structurelle parce qu’y sont postés des points de contrôle militarisés, destinés à protéger les occupants d’un des côtés de la barrière contre les occupants de l’autre côté. C’est sur ces endroits que se concentrent les risques d’attentat suicide ou autre incident de sécurité. Le chauffeur ou le piéton le plus nonchalant ne peut se défaire d’un sentiment d’urgence en franchissant l’un de ces contrôles. L’un d’eux est Tchahâr-râh-é Zanbaq à l’entrée de la ‘zone verte’, la zone ‘sécurisée’ qui abrite le palais présidentiel et un certain nombre d’ambassades, celles des Etats-Unis et de France notamment. Tchahâr-râh-é Zanbaq est l’endroit que doivent franchir à pied les visiteurs de l’ambassade de France qui ne disposent pas d’un véhicule muni d’une habilitation de sécurité. Depuis dix ans avec la détérioration des conditions de sécurité, les conditions d’habilitation des véhicules se sont faites de plus en plus restrictives. Le nombre de personnes obligées de franchir à pied la centaine de mètres séparant le point de contrôle de l’entrée de l’ambassade de France a augmenté en rapport. Il n’est pas possible aux véhicules, par manque de place mais aussi par souci de prévention contre les attentats à la voiture piégée, de se garer à proximité du point de contrôle. Et par ailleurs, les artères le desservant sont embouteillées en raison des contrôles, ce qui rend aléatoire le moment potentiel du passage d’un véhicule pour le ramassage."
Anthropologie de l'égalité sur une fracture du système-monde, p. 230, Editions de l'Harmattan, 2015

Déjà le marionnettiste qui tient lieu de président américain parle d'augmenter les forces internationales en Afghanistan. C'est le contraire de la solution. La vraie solution passe par le désamorçage du cycle de la vengeance en engageant un vaste programme international civil de solidarité à la personne, un revenu universel destiné à inverser la spirale d'insécurité et de violence qui sape tout effort de coopération. Marc Zuckeberg, patron auto-enrichi de Facebook, met justement l'emphase sur la responsabilité des nantis dans la recherche de solutions. Au niveau français, Benoît Hamon a construit un programme présidentiel autour de ce constat. Ce sont de bonnes idées, elles exigent néanmoins, pour être efficaces, de se développer à destination des vrais démunis, les populations qui vivent sur les zones d'affrontement des empires.